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Panique à la Bourse (Zola, l'Argent 1891) PDF Imprimer Envoyer
Comprendre la crise - Littérature
Écrit par Jean   
Mardi, 25 Août 2009 15:22

Quelle description, quel talent ! Bravo monsieur Zola !

"Une heure sonna, la cloche annonça l’ouverture du marché. Ce fut une Bourse mémorable, une de ces grandes journées de désastre, d’un de ces désastres à la hausse, si rares, dont le souvenir reste légendaire. Dans l’accablante chaleur, au début, les cours baissèrent encore. Puis, des achats brusques, isolés, comme des coups de feu de tirailleurs avant que la bataille s’engage, étonnèrent.

Mais les opérations restaient lourdes quand même, au milieu de la méfiance générale. Les achats se multiplièrent, s’allumèrent de toutes parts, à la coulisse, au parapet ; on n’entendait plus que les voix [...] à la corbeille, criant qu’ils prenaient toutes les valeurs, à tous les prix ; et ce fut alors un frémissement, une houle croissante, sans que personne pourtant osât se risquer, dans le désarroi de ce revirement inexplicable. Les cours avaient légèrement monté, Saccard eut le temps de donner de nouveaux ordres à Massias, pour Nathansohn. Il pria également le petit Flory qui passait en courant, de remettre à Mazaud une fiche, où il le chargeait d’acheter, d’acheter toujours ; si bien que Flory, ayant lu la fiche, frappé d’un accès de foi, joua le jeu de son grand homme, acheta lui aussi pour son compte.

Et ce fut à cette minute, à deux heures moins un quart, que le tonnerre éclata en pleine Bourse l’Autriche cédait la Vénétie à l’empereur, la guerre était finie. D’où venait cette nouvelle ? personne ne le sut, elle sortait de toutes les bouches à la fois, des pavés eux-mêmes. Quelqu’un l’avait apportée, tous la répétaient dans une clameur, qui grossissait avec la voix haute d’une marée d’équinoxe. Par bonds furieux, les cours se mirent à monter, au milieu de l’effroyable vacarme. Avant le coup de cloche de la clôture, ils s’étaient relevés de quarante, de cinquante francs. Ce fut une mêlée inexprimable, une de ces batailles confuses où tous se ruent, soldats et capitaines, pour sauver leur peau, assourdis, aveuglés, n’ayant plus la conscience nette de la situation. Les fronts ruisselaient de sueur, l’implacable soleil qui tapait sur les marches, mettait la Bourse dans un flamboiement d’incendie."

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