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Le risque systémique peut se révéler bien caché. La diversification passe pour être le meilleur moyen de limiter le risque (voir l'article Multiplier c'est diviser). C'est vrai d'un point de vue individuel : une banque qui ne financerait qu'un seul secteur se heurterait de façon manifeste à un problème de concentration du risque. Oui, mais dans la réalité il n'est pas possible d'avoir des compétences dans tous les secteurs, de plus une prospection tous azimuts a moins de chance d'aboutir qu'une exploration en profondeur d'un marché donné. La plupart des établissements financiers ont une spécialité (leur domaine de compétence) et cela limite donc ce souhait généralisé de diversification. Dans une intention a priori louable, on a donc cherché des moyens de limiter ces dangers de concentration en partageant les risques.
Le moyen ? Les banques doivent pouvoir vendre et acheter leurs créances (c'est la titrisation) ou bien endosser directement le risque d'un autre établissement (voir les CDS). Et voilà, comme par hasard, on retombe sur les deux instruments source de tous nos maux. En fait, la crise économique déclenchée par les subprimes n'a eu de tels impacts que parce qu'un nombre élevé d'établissements étaient exposés au même risque. Il y a eu cette belle formule décrivant le piège de la diversification : « on croyait que le risque n'était nulle part et en fait il était partout ». Outre les pertes réelles — en milliards d'euros ou de dollars — cette situation a créé une véritable crise de confiance : toute banque était susceptible d'avoir acheté des actifs « toxiques ». |