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Tout le monde connait le proverbe "Il ne faut pas vendre la peau de l'ours avant de l'avoir tué". On lui attribue le sens : il ne faut pas prendre pour acquis ce qui n'est pas encore réalisé. TUTOFI vous propose de réfléchir sur ce proverbe, en le rapprochant de la proposition inverse "Il ne faut pas tuer l'ours avant d'en avoir vendu la peau"... À la réflexion — en prenant les deux phrases au premier degré — les deux affirmations sont également judicieuses. Pourquoi ? Et quel rapport avec les marchés ?
Pour le premier sens, il faut penser comme le chasseur d'ours : pour tuer sa proie, il ne dépense pas beaucoup d'argent (déjà bien équipé, il considère que cela ne lui coûtera pas plus cher que la balle qui sortira de son fusil). Du coup, il n'a pas intérêt à vendre la peau de l'ours avant d'avoir tué la bête — parce qu'il n'a pas besoin d'avance du client. Dans l'autre sens, le vendeur de manteau raisonne différemment : dans sa logique d'intermédiaire, il n'a pas intérêt à se procurer d'abord l'ours, avant de trouver un client. Faute de client, la peau de l'ours lui restera sur les bras — ou plutôt sur le dos. Quel rapport avec les marchés ? Nous sommes en train de débattre du risque de contrepartie (mais si !). A la base, on imagine toujours un déroulement idéal de l'opération : je me procure une peau d'ours, je la livre à mon client et il me paie. Mais la réalité peut être bien différente. Nous sommes au cœur de la question : si mon client se dédit, ce que j'ai investi pour acquérir la peau d'ours ne sera pas rentabilisé et si j'ai emprunté pour acheter cette peau... (si je n'ai pas assez de fonds propres pour avancer l'argent), je vais avoir des problèmes pour rembourser. Inversement, si j'ai reçu une avance de mon client et que je n'ai pas de peau d'ours à lui fournir, non seulement je vais devoir le rembourser, mais cela va faire un client mécontent qui ne risquera pas de me faire de la publicité. Conclusion ? Sur les marchés, les opérations imposent un engagement des deux parties et si l'une d'elles ne peut pas faire face à ses obligations... toute l'opération est remise en question. C'est pour cela que sont mis en place des marchés organisés qui apportent un maximum de garanties, face à tous ces risques. |