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S'il y a bien une leçon que les banques ont tirée de la crise c'est que leurs clients sont devenus frileux et qu'ils ont peur d'investir en bourse. Qu'à cela ne tienne ! Inventons l'investissement en bourse sans risque... mais à qui profite ce type de produit ?
Profiter de la bourse sans risque, c'est un concept pour le moins étrange dans la mesure où le risque est une composante incontournable des opérations sur actions. Comparons : - j'investis 1 000 euros dans une obligation de l'état français à 3,25% échéance 2016
- j'investis 1 000 euros dans des actions de la société TUTOFI SA
Dans le premier cas, TOUT est dit : je connais à l'avance la durée de mon investissement (6 ans) et je percevrai 32,50 euros tous les ans, au bout des six ans, je récupère mes 1 000 euros intacts. Sauf faillite de l'état français , il n'y a absolument aucun risque dans l'opération et sa performance est connue dès le départ (ne pas oublier les frais payables à l'entrée !). Bien sûr, je pourrai éventuellement revendre mes titres avant 2016, au cours du marché. Dans le second cas, RIEN n'est sûr. Je ne récupèrerai peut être pas mes 1 000 euros, et pendant des années, si TUTOFI fait de mauvaises affaires, je ne toucherai pas un sou (pas de dividendes). En compensation de cette incertitude, je suis en droit d'espérer bien plus que les 3,25% ci-dessus. Quelle peut bien être la solution miracle qui élimine le risque ? Il n'y en a pas. C'est simplement une astuce pour stimuler l'épargne, voyons ça de plus près. (Bien entendu, cela n'est qu'un exemple, et la gestion de ces fonds par la banque peut être différente de celle qui est simulée ici). Épisode 1 : je souscris à 1 000 euros du fonds "TUTOFI Alouette" qui me promet la garantie de mon capital plus un rendement qui est 60% de la hausse de l'indice CAC, le tout étant plafonné à 30% de rendement final. Épisode 2 : la banque me prélève 2% de frais, investit mes 1 000 euros en obligations d'État à 3,25% et — en parallèle — investit 1 000 euros en actions. Épisode 3 : au bout des cinq ans prévus dans le contrat, il y a deux scenarii possibles. je touche 1 000 euros et j'ai perdu mes 2% de frais, de plus mon capital ne m'a rien rapporté pendant 5 ans
la banque a probablement* perdu une partie des 1 000 euros investis en actions, mais elle a gagné les 2% de frais et les 3,25% de rendement de "mes" 1 000 euros
- marchés à la hausse (hausse de 80%)
je touche 1 000 euros plus 30% de rendement (mais 30% sur 5 ans... cela ne fait plus que 5,4% par an)
la banque a gagné** 80% sur les 1 000 euros investis en actions, sur ces 80%, la banque en garde 50 et ,comme dans le cas précédent, elle a aussi gagné les 2% de frais et les 3,25% de rendement de "mes" 1 000 euros.
Le bilan ? On voit que dans tous les cas, la banque a surtout réussi à me faire investir 1 000 euros et que — contrairement à un investissement classique en obligations — les intérêts produits sont conservés par la banque au lieu de m'être reversés. Côté marchés, le bénéfice est loin d'être facile à identifier, mais l'opération profitera — quoi qu'il arrive — à la banque : * (à la baisse) Le calcul de variation de l'indice est effectué le plus souvent "de date à date" : même si l'indice à progressé pendant 4 ans, je ne toucherai rien s'il vient à chuter à la cinquième année. Pendant ce temps, la banque n'aura pas manqué d'encaisser des plus values (elle a peut être tout revendu — avec profit — dès la quatrième année). De plus, les titres investis auront produit des dividendes qui viendront alimenter le profit de la banque. ** (à la hausse) Il s'agit d'une hausse de l'indice, suivant la composition réelle du portefeuille, rien n'exclut que le bénéfice final sur 50 ans puisse être bien supérieur à 80%. Le client, lui, ne recevra que les 30% promis, de plus il ne bénéficie pas des dividendes qui vont, eux-aussi à la banque. 
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